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Après un rapide tour de Fatehpur et de ses havelis, on prend le train de notre rythme quotidien : bus, clim, camion, klaxon, curry, riz, banane, bus, fort, tuktuk, marché, épices. Je passe sur la bouffe et les heures de bus hein, direct à l’interessant : fort de Bikaner, bim bam boum.

Et franchement, les rois à l’époque se la collaient bien.

Bikaner fort

Voilà où on en est en terme de démesure et d’exubérance. Et ce n’est qu’une partie du fort immense, bâti sur plusieurs étages et générations, comprenant diverses salles de réception, cours pour le roi et les autres, des chambres en veux tu en voila peintes de haut en bas. Sans oublier la fontaine/piscine où le maharaja se faisait des contests de miss t-shirt mouillé, et une petite terrasse pour jeter un oeil sur le peuple.

Le peuple tiens, nous y voilà. La suite de notre tournée de Bikaner se fait en rikshaw (ou tuktuk) et là, bienvenue en Inde les gars. C’est concrètement n’importe quoi, une foule de déglingos, une pollution à couper au cimeterre, des femmes en sari qui portent mille trucs sur leur tête, des vaches, une circulation improbable, une porte médiévale, un mec qui pisse en te regardant dans les yeux, encore des vaches, enfin jugez par vous même :

On suit alors notre guide, la tête levée vers le mix d’architecture hindoue et britanniques qui s’entremêlent ici comme papa dans maman. Et parfois la tête baissée pour eviter les bouses de vaches ci et là. Et puis on arrive au marché et là c’est l’immersion totale qui nous remet les pieds sur terre. Sans pour autant vivre comme eux, on est plongé instantanément dans leur vie quotidienne, bien loin de notre bus de touristes.

La vie est rythmée au son des klaxons, omniprésents pour indiquer la présence de motos, scooters, tuktuks, chars à bœufs où n’importe quoi qui roule et qui a besoin de forcer sa route dans des rues bondées d’à peine trois mètres de large. La différence instantanée entre les forts, les temples ou mêmes les anciennes maisons coloniales avec tous les shops et la cuisine faite directement sur le trottoir, c’est fou. On a quitté l’opulence des maharadjas pour la vraie vie ici au Rajasthan.

Bikaner market

Mais comme à Delhi, les gens n’en ont pas l’air moins heureux. Les gens s’achètent des petites tranches de poulet et le curry qui va bien à leur pote qui vend le tout sur un bout de trottoir, la marchandise accrochée à une mule. Les mecs s’en branlent, c’est ça leur vie et ils sont bien contents.

J’insiste là dessus, j’estime qu’on a beaucoup de préjugés sur leur façon de vivre, leur pauvreté et le malheur présumé. Je dis pas que j’aimerai vivre pareil, ni qu’ils ne seraient pas heureux non plus avec une canette et une assiette de nachos devant la champions league, mais ils ont pas l’air malheureux quoi. Et puis il y a encore partout le Holi, ce qui rend tout beaucoup plus joyeux, que ça soit les chemises encore colorées comme les traces de poudre sur les murs et le sol.

Pink street

Bref, encore une journée folle et improbable pour un occidental, une journée tout ce qu’il y a de plus simple ici en Inde.