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On prend la route pour le Rajasthan, terre des rois et sûrement l’une des régions les plus riches et puissantes, tout du moins avant l’arrivée des britanniques. Ce qui est parfait avec les autoroutes indiennes, c’est la profusion de camions les plus improbables les uns que les autres, complément surchargés en terme de poids et de décorations. Sans parler des klaxons toujours aussi fous.

Indian truck

Pendant les quelques heures de bus qui nous plongent dans les terres vers le village de Mandawa (20000 habitants pour ce « petit village »), on croise des centaines de personnes qu’on croirait sorties d’un Color Me Rad.

Holi in Mandawa

C’est un jour spécial ici, puisqu’on fête la Holi, la mort d’un démon réputé invincible qui tyrannisait la population, jusqu’à ce qu’une réincarnation de Vishnu trouve la faille dans la bénédiction (toute l’histoire fort intéressante ici). D’après la légende hindoue, les gens auraient alors célébré la victoire en se lançant de la poussière et des cendres, de la tête aux pieds, maintenant de la poudre colorée, d’où le Color Me Rad.

Ainsi, tout le pays est recouvert de couleurs le temps d’une journée et on trouve des sceaux de pigments à vendre dans tous les marchés.

HOLI!

Partout dans les rues on voit les traces du Holi, sur les gens dont le visage n’a plus un centimètre carré de propre, sur les chiens qui ont les pattes roses, sur les façades devenues multicolores, dans l’eau des rigoles d’évacuation et même sur les vaches sacrées. On se joint évidemment à la fête dès qu’on sort du bus, autour d’un groupe de musique locale qui nous fait un ravalement de façade à l’indienne. Franchement, c’est la méga teuf.

Les vainqueurs.

Une fois à Mandawa, après un stop curry et banane, on part visiter les havelis, d’anciens palais occupés par les riches du Rajasthan qui dealaient de l’herbe (enfin, du thé quoi) avec les anglais. Chaque haveli est une maison pour toute la famille, avec des cours publiques et privées pour le business, strictement symétrique pour qu’en cas de divorce chacun ait la même moitié. Les mecs pensent à tout, notamment à leur harem. Et surtout, les lieux sont bien décorés à base de peintures de la vie quotidienne et de divinités (et un coup de temps en temps une position du Kama Sutra, discretos).

Haveli

Le problème c’est que tout le monde s’est tiré à Calcutta pour commercer avec les britanniques, et la plupart de ces mansions sont désormais soit vides, soit absolument pas entretenues. La plupart sont donc devenus des moitiés de squats ou de postes avancés pour guetter les touristes et envoyer une équipe de vendeurs à la sauvette, « cent roupies cent roupies ». De trop rares exceptions ont été restaurées et transformées en hôtel.

Enfin, on finit notre Holi day (trololol) sur le retour à l’hôtel, avec un petit rhum indien – coca et des chips de lentilles. Complètement détendus du slipouze. C’est cool les vacances.