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On quitte Bali et la pépouzie pour se rendre à Lombok, l’île d’en face, et se préparer à grimper le Mont Rinjani.

La traversée aura été particulièrement fun : on est quand même sur un bateau, pied au plancher sur les vagues du détroit, avec distribution de canettes et musique à fond. J’avoue qu’on avait pas envie que ça s’arrête trop vite, tellement c’était party boat. Bon il aurait manqué un jacuzzi et du champagne pour être au top, mais ça serait peut être trop demander.

Après un petit déj de champion, on est (censé) être prêt pour l’ascension du volcan. Ca commence peinard sur les plaines du volcan, avec une marche pas trop difficile mais il fait déjà bien chaud et même si ça grimpe pas encore des masses, on avance avec un bon rythme.

Farmers

C’était l’arbre qui cachait la forêt, on est vite arrivé à devoir grimper comme des déglingués dans des sentiers qui n’ont rien de praticable, malgré le nombre fou d’inconscients qui font l’ascension de ce volcan. Ce qui est encore plus fou la dedans, c’est que les porteurs des divers groupes montent eux à une vitesse incroyable – et en tongs, rien à foutre. A chaque checkpoint / break qui nous est octroyé, les porteurs sont déjà la, ayant préparé les sièges et la bouffe juste pour nous, c’est dingue. Et inversement, quand on reprend la route, les mecs eux remballent tout, montent deux fois plus vite pour recommencer au point suivant à la fraîche, quand nous on galère à faire deux pas de suite sans s’arrêter.

Bref, après huit heures de montée, on arrive au campement du cratère où on passera la nuit. On se rend compte qu’on a pris un trek mortel quand on nous apporte un poulet au curry trop bien, avec vue sur le coucher de soleil au dessus des nuages. Ca plus des toilettes deluxe (comprenez un trou, mais avec des paravents pour se cacher), y’a pas, on était mieux que les autres groupes de chinois qui avaient une barre de céréales pour leur dîner et même pas de matelas dans leur tente. En tout cas, on s’écroule bien rincés pour une petite nuit de repos.

Rinjafood

Le lendemain, réveil à 2h du mat’ (seriously?) pour reprendre la marche et pire que ça : la partie la plus dure de l’ascension. Autant dire que je suis pas spécialement de bon poil, cuit et courbaturé sa mère. 3h à faire pour arriver au sommet à temps pour le lever du soleil. OK. Bordel ça promet. On claque la frontale et c’est reparti, dans la nuit, à suivre le guide et d’autres trekkers. Comme prévu, c’est vite devenu compliqué.

Tellement dur que j’en devenais violent verbalement. Mais c’est le prix à payer pour voir le lever de soleil sur le sommet d’un volcan… Je me mets à me chanter une chanson de Four Year Strong pour me motiver à arriver au ‘top of the world’, dans cet enfer de sable où tu fais deux pas en avant et un en arrière, dans une pente à 80% au moins, au milieu de la nuit et du froid.

On ne peut pas arreter en cours de route, pas après en avoir autant chié, et je pense que c’est ça qui nous a aidé à finir : ne pas avoir fait ça pour rien. Et on a réussi. Putain on l’a fait. Le sommet est déjà bondé de trekkers plus rapides mais on s’en branle, on l’a fait. Il fait surement trois degrés, il est cinq heure du matin, on est au sommet du Mont Rinjani, Lombok, Indonésie.

Sunrise on top of Mount Rinjani

On se prend un pépito bien merité et on entame le retour. La première partie de la descente se fait assez bien, on est saucé d’avoir réussi à monter tout là haut, le sable c’est vachement plus cool à descendre qu’à monter, et puis les nuages se dispersent et laissent place au soleil. On découvre une toute nouvelle vue sur le volcan et OK ça a de la gueule, particulèrement quand on tombe sur un combo improbable d’arc en ciel dans un nuage dans un volcan dans un lac d’un ancien volcan, n’importe quoi.

Rinjani crater

Une fois redescendu jusqu’au cratère où on a dormi (2h plus tard), on a droit à un nouveau repas, une petite sieste et ce qu’on pensait être une partie plus calme va s’avérer être un des plus dures. On a déjà marché environ 12h depuis la veille, et il est que 9h du matin.

Inutile de préciser que j’ai les mollets plein de crampes, les hanches qui couinent et les pieds on fire, alors qu’il nous faut encore marcher pendant environ 5h. Alors oui, on râle, mais de toute façon on a pas vraiment le choix, il faut bien retourner en bas. On se motive en pensant à la plage paradisiaque qui nous attend le soir même, jusqu’à ce qu’on retrouve une once de civilisation et (enfin) une voiture qui nous amène jusqu’au bateau, cinq heures plus tard.

C’est donc complétement défoncés (flash news) qu’on arrive sur notre petite île de Gili Meno pour un repos bien mérité. Sauf que (évidemment), le bateau nous lâche complètement de l’autre coté de l’île. Contraints et forcés de continuer à pieds pour rejoindre notre hôtel. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. J’ai lâché l’affaire, me suis posé sur la plage un quart d’heure avant de repartir avec les sacs, rejoindre ma femme qui était partie en éclaireur et enfin poser mon boule avec le sentiment du devoir accompli. C’est limite si j’étais pas en train de pleurer parce que c’était enfin fini.

Je sais que c’était la branlée le Rinjani, mais clairement il me faudra 2 – 3 jours avant que je finisse de le détester d’abord.

Sunset at Gili Meno