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Chiwi, réveille toi, on part pour l’aéroport dans deux heures.

Ca fait presque dix ans qu’on est ensemble, alors fallait bien marquer le coup.

Forcément au début, elle ne me croit pas. Et puis quand le petit dej est arrivé dans le lit, elle a bien compris que c’était pas une blague. Tu ne le sais pas encore, mais nous serons bientôt fiancés.

Après avoir fait son sac à l’arrache, ayant pour seule consigne de prendre un maillot de bain, on prend la route pour l’aéroport de Charleroi. Devant la liste de destinations possibles, la devinette se résume rapidement à Venise ou Pise (apparemment je suis grillé, je suis toqué de l’Italie), qu’on avait déjà toutes les deux visitées, (un peu trick question quand même au final). Par contre dans mon plan parfait, j’ai fait une micro boulette en demandant à madame de prendre le GPS, complètement inutile à Venise… Pise est donc devenue l’évidence et banco. Tout ça pour avoir oublié le GPS au final…

On part donc effectivement pour Pise, sa tour et surtout ses (putains de) pâtes à la truffe. Arrivés à destination, je récupère le bolide que j’avais booké pour notre weekend, une fantastique Fiat 500 – décapotable s’il vous plait -, et on part à fond les ballons faire un petit tour à la piazza dei Miracoli, poser les sacs à l’hôtel et se préparer. Elle se doute que quelque chose se trame, madame veut être parfaite a chaque instant, « au cas ou », bien sur.

On avait surkiffé ce petit resto la dernière fois (Il Colonnino pour ceux qui demandent), donc c’était une étape obligatoire de notre périple. J’avais bien pris soin de réserver une table à l’avance, ça aurait été con de se faire jeter à l’entrée, initiative que je fais remarquer en rappelant au serveur le nom de la table bookée. Evidemment, on tombe sur le seul soir où le resto est vide de chez vide, où on peut se poser absolument où on veut et où personne ne passera la porte de toute la soirée. Bref, en amoureux en Italie, dans un resto mortel où on a déjà de supers souvenirs, une petite bouteille de blanc peperlito, toutes les conditions sont réunies pour faire ma demande, ce qu’elle pressent. Mais non ! Ça serait trop simple, tu vas mariner un petit peu ahah ! Tout un périple est prévu en Toscane, les choses ne font que commencer.

Tartufo <3

Le lendemain, on part pour Livourne à peine à 20kms, simplement parce qu’une photo dans la chambre nous donnait l’impression d’une petite ville à canaux cool. Et c’est vrai que le petit latte macchiato devant la mer c’était sympa comme tout. Ses canaux, sa forteresse et ses remparts sous le soleil en ont fait un moment particulièrement romantique, surtout quand on s’est posé dans une trattoria littéralement sur le canal (tout tourne toujours autour de la bouffe oui, team grolardise).

Livourne

Pour une ville qu’on ne connaissait que de nom la veille, on est conquis. Mais l’aventure continue et madame découvre le plan au fur et à mesure : nous passerons la nuit suivante à Sienne.

On fait alors rugir les presque 70 chevaux de la décapotable (grosse grosse cylindrée) en sillonnant les petites routes toscanes, entre les vignes et les cyprès, avec la radio italienne, ce morceau à base de saxophone au goût incertain et le tube de Clean Bandit en boucle. On en profite même pour faire un stop gelato à San Gimignano, la ville forteresse fondée en 1300 et quasiment restée intacte.

500

View from San Gimignano

C’est à peu près à ce moment là qu’on s’est rendu compte de notre « erreur de débutant » / « erreur de mecs qui vivent 250 jours par an sous la pluie » : rouler toute l’après midi, sous le cagnard avec le toit de la voiture ouvert, c’était pas une bonne idée pour ma peau de polonais. Résultat, coup de soleil intégral du front et avant bras droit entre la langouste et le homard cuit. Heureusement, Sienne n’est plus très loin et j’ai pu m’enduire de Biafine une fois arrivés à l’hôtel.

On profite ensuite du début de soirée pour se promener sans but dans les rues sinueuses de la vieille ville, jusqu’à tomber par hasard, au détour d’une allée, sur la majestueuse cathédrale de Sienne et sa façade légèrement plus travaillée qu’une maison des mines.

Duomo di Siena

Du genre immense.

Puis vient le moment fatidique où on se met à la recherche de nourriture – évidemment – en découvrant que manger une pizza à Sienne, c’est comme manger une bouillabaisse à Nantes, ça n’a aucun intérêt. J’abandonne mon envie de pizza et on se rabat sur un restaurant proposant lui aussi des pâtes aux truffes qu’on a voulu essayer pour comparer avec notre adresse pisane. Et le verdict est sans appel en terme de pâtes à la truffe : Sienne 0, Pise 1. Peut être que le dessert typique toscan a pesé dans la balance : les cantucci (gateaux longs et ultra secs à l’amande) à faire tremper dans le vinsanto, pas franchement une réussite.

Enfin, c’est encore à moitié bourrés qu’on rentre panser mes coups de soleil et rêver du lendemain, qui verra le (vrai) moment fatidique (enfin) arriver.