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On s’est pris les bouchons, on s’est planté de route, on a galéré à trouver une place, on a couru pour arriver à l’heure, on a grimpé les marches du balcon du Trianon quatre par quatre, mais on y est arrivé.

Grâce à Berzerker/Peter Jackson (rappelez vous, l’homme qui connait les menus secrets du In&Out), j’ai pu me faire dépuceler par Deftones.

Essoufflé donc, mais bien déterminé à se battre pour avoir une bonne place. On se pose tout juste que Letlive arrive sur scène avec le Prologue puis le très puissant The Sick, Sick 6.8 Billion. Il aura fallu presque vingt secondes aux californiens pour retourner la scène de fond en comble, avec un Jason Butler à la baguette, vraisemblablement en plein dilemme avec lui même pour savoir si sa priorité est de chanter ou de se rouler par terre avec un pied de cymbale. H. Ledger et Enemigos/Enemies ne viendront pas calmer les ardeurs du quintet, et mettront même en avant les qualités de chanteur du guitariste qui comble tant bien que mal les trous de chants imposées par la folie de Butler et ses chaussettes léopard roses.

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Letlive semble apprécier son passage à Paris, d’autant plus que les roadies/sécurité (arborant des tshirts « SHOW STOP », leur réputation les précède) n’ont finalement pas trop de boulot si ce n’est d’assurer le démélage du jack du chanteur et de lui laisser assez de mou pour qu’il puisse chanter du balcon. Les superbes Muther et Day 54 arrivent, Butler semble à fleur de peau et me fait penser un moment à un Hank Moody : talentueux, fou et profondément touché et touchant. Sûrement le coté californien.

Malgré la prestation impeccable autant niveau musical que visuelle (même avec un son de batterie en mousse), la sauce a du mal à prendre et le public reste bien froid après un Casino/Colombus final fou et riche en galipettes. La foule reste partagée entre l’impression d’avoir eu affaire à – je cite – « un Glassjaw Leader Price » – mais où va le monde – ou à un spectacle de cirque ayant Butler en Monsieur Loyal.  Personnellement, je suis bien content qu’un groupe reprenne le flambeau là où l’avait laissé Glassjaw, plus de dix ans après Worship & Tribute. La filiation est indéniable que ça soit dans la voix ou le show, on ne va pas s’en cacher mais je dis non à un « mauvais Glassjaw ».

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Bref, passons aux rois de la soirée.

Intro aux stroboscopes, folie du public quand Carpenter et son plus beau treillis arrive sur scène, flaques de mouille et jizz in my pants quand Chino monte sur son praticable pour envoyer Diamond Eyes. Le son est ultra massif et les huits cordes font trembler les murs. Poltergeist, issue du petit dernier, met toute la foule à contribution pour une partie de handclaps rondement menée avant que ne sonnent les premiers accords de Be Quiet & Drive. Bon bah voilà quoi, on y est, j’ai 14 ans, les cheveux rouges et des baggys Diabolik. Inutile de préciser que la foule reprend en choeur le refrain mythique et continue de s?époumoner quand Abe Cunnigham lance My Own Summer.

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Un rapide Rosemary viendra calmer un peu la foule, alors qu’après une brève intervention sur la fin du monde, Deftones envoie Rocket Skates combo enchainé CMND/CTRL et le solo de Delgado. Chino tient son public avec une présence incroyable entre danse invraisemblable et un charisme fou, bien relayé par un Sergio Vega de feu (ou sous Marie-Jeanne visiblement, mais ça lui réussit bien) tout en sourire.  On ne pourra pas en dire autant du batteur qui était encore dedans jusque là malgré quelques flottements, mais se vautre comme il faut sur CMND/CTRL. Le seul faux pas de la soirée qu’on oublie bien vite dès les premières notes de Sextape.

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Après une corona balée cul sec, Feiticeira continue de donner des frissons et me rappeler mon collège. Et que dire quand le titre suivant est Passenger. On espère secrètement que Maynard vienne taper le feat, mais on ne boude pas son plaisir quand Chino prend le contrôle du titre, de part en part de la scène. White Pony a bientôt 13 ans et les morceaux n’ont pas pris une ride.

Entombed vient à nouveau faire souffler le Trianon qui se prend tube sur tube dans la gueule depuis une demi heure, tout en sachant qu’il y en a au moins encore autant. On reste sur le dernier album le temps d’un Tempest parfaitement exécuté qui met tout le monde d’accord et de Swerve City fou de puissance et de justesse. Tu te prends la même claque que quand t’as écouté Koi No Yokan la première fois, quand t’es tombé de ta chaise dès le premier riff (enfin moi j’étais dans l’avion, mais je suis sûr que ça a correspondu à un trou d’air). Les nouveaux titres passent parfaitement dans une setlist qui leur fait la part belle. Chino dédicace ensuite Dai The Flu à Chi Cheng (en fait c’était pour Berz, il nous l’a dit après) avant d’inviter Jason Butler à remplacer Max Cavalera sur Headup et de lui faire un calin. Moi aussi je veux faire un calin à Chino Moreno sur scène.

Carpenter change ensuite de guitare pour la 170eme fois, toutes plus immondes les unes que les autres (mais sur lui ça va), et envoie Change et là : perfection de la chanson. Jusque là, oui c’était mortel, mais sur Change ils m’ont vraiment fait fermer ma gueule. J’irai pas jusqu’à la larmichette (j’ai une réputation à défendre), mais bon OKAY quoi, bonjour la frissonade.

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Deftones finit le set sur le surpatate Bloody Cape, et revient (évidemment) pour un petit rappel qui sent bon Adrenaline, histoire de finir en beauté : Engine No.9 et l’inévitable 7 Words, avec en prime un petit jam de Swimming Pools (si je dis pas de conneries) de Kendrick Lamar.

Voilà quoi. Problème de perfection. On parle plus de petite tape derrière la tête mais d’uppercut sous le menton à la Sub-Zéro. Les mecs se permettent de ne pas jouer Minerva, Hole In The Earth, You’ve Seen The Butcher et même Back To School. C’est pourtant pas faute d’avoir enquillé les tubes pendant une heure. En 2013, c’est encore Deftones les patrons. Fort. Très fort.

Quelqu’un a eu la bonne idée de filmer tout ça, c’est dans la suite. Et pour ceux qui ont un abonnement Free, la sestlist Spotify est juste en dessous. Bien merci à Afterdepth pour les photos qui te font regretter de pas être photographe et de pas avoir un accès VIP pour mater les bijoux de Chino qui te passent sous le nez quand il claque la brutal pose. Pour plus de photos, les galeries sont dispos ici pour Deftones et là pour Letlive.

Deftones Trianon