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Je me suis fait baiser. Par des lignes de bonbons à la con, des rayures, des boules à facettes. Putain de jeu.

J’étais peinard, à l’abri, quand Gérald, aka Gégé a décidé de ne plus se faire chier au boulot et a téléchargé Candy Crush. Et Gégé est devenu fou, au point de se créer un compte sur Facebook alors que le mec tenait bon depuis cinq ans. Mais t’es obligé, pour réclamer des vies à tes amis, pour pouvoir jouer plus longtemps, avancer à la vitesse de l’éclair et débloquer les niveaux. Parce que oui, il faut que tes « amis » FB te débloquent certains points de passage. Putain d’enfer.

C’est de lui, Gégé, que tout est né. Il a vampirisé sa femme – elle aussi devenue folle depuis – , qui a vampirisé la mienne, puis moi, faible que je suis. Je n’ai pas su résisté à l’avalanche de bonbons qui explosent. Je quémandais moi aussi des vies à tire larigot. Je chantais « boule à facettes » dès que je faisais une ligne de 5. J’envoyais des SMS hargneux aux personnes à qui j’avais exigé de me débloquer une série de niveaux. Je simulais des diarrhées intempestives pour pouvoir jouer dès que je recevais la notification d’un set de 5 vies. Putain de diarrhées.

Putain de chocolat.

J’étais hors de contrôle. J’ai dépassé ma femme, nous n’avons plus fait l’amour depuis. J’ai dépassé Musha, le fût de Stella du Café du Vieux Lille en est resté intact. Ce jeu nous a divisé. Je m’en veux, je suis désolé. Mais si j’en parle maintenant, c’est que j’ai réussi à trouver mon salut : au même titre que Gégé m’a fait plonger, il m’a sauvé.

Je suis arrivé symboliquement au niveau 100, quand Gégé a pété tous les records : ce petit salaud a réussi à créer une chaîne d’explosions incroyable, générant d’elle même les bonbons rayés et tutti candy. Jusqu’à arriver à dix millions de points. 10 000 000 de putains de points.

candystruction
candycalypse

Putain de champion.

C’a été le déclic. Incapable de rivaliser avec les plus grands, en train de foutre ma vie sociale en l’air pire qu’avec un meuporg, en train de devenir sobre à passer mon temps à jouer plutôt qu’à boire des coups. J’ai réalisé, tout arrêté et depuis retrouvé une vie normale, à mater des séries et jouer à de vrais jeux sur PS3.

Je tiendrai, sûrement. Jusqu’à ce que Gégé me rejoigne sur le GTA Online. Là, je ne répondrais plus de rien. Putain de Gégé.