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Je savais pas quoi faire dimanche dernier, du coup je me suis dis « Tiens, allons voir Shakaponk au Main Square ! ». BIM.

LOL.

Non, ça fait bien longtemps que j’avais mon ticket, puisque blink-182 passait à 30kms de chez moi = obligation d’achat et de bougeage de cul.

J’y serais bien allé par curiosité les deux jours précédents, mais respectivement du guacamole et un BBQ ont eu raison de Justice, The XX et Pearl Jam (qui de toute façon sont là tous les ans, je me fais pas de souci). Reste donc l’affiche du dimanche, soit pour ma part le combo suivant :

Main Stage donc pour commencer avec le rappeur ricain. Les cadreurs ont pu se régaler et la foule a pu apprécié sur les écrans géants les nombreux « I <3 WIZ » sur nibards, pelotage en direct, mauvais costume de Gremlins, panneau géant pour covoiturage Bretagne et autres plans larges sur la foule avant zoom sur un cul poilu sur les épaules d’un autre. De quoi se mettre tranquille dans l’ambiance marijuanisée.

Ca doit être une tradition, à chaque fois que je vais voir Blink, un groupe de hiphop joue avant. Autant Cypress Hill c’était sympa, autant le Wiz Khalifa a grave envoyé le bois, agréablement surpris de voir tout un groupe sur scène et pas seulement un DJ/chanteur. Le battteur à dreads géantes assure dans un style bien ghetto en allant chercher ses cymbales et futs hyper loin, le bassiste a un beret et groove à mort, le DJ envoie des sons de cornes de brume et Wiz harangue la foule avec son drapeau amériacin attaché au pied de micro. La foule reconnait le talent, fume des spliffs et reprend en ch?ur l’enchainement de tubes (entre autres) Young Wild & Free (la qualité vidéo, c’est cadeau), Work Hard Play Hard, Tyler Gang, When I’m Gone et l’inévitable Black & Yellow. Bonne branlée pas prévue pour commencer, c’est rare et il faut savoir apprécier quand ça arrive.

L’étape suivante est Incubus, relou à souhait, je reconnais pas deux morceaux et le son est naze. Dommage. Je reconnais que c’est hyper en place et qu’il y a eu un nombre certain de flaques de mouille quand le chanteur a enlevé le maillot pour jouer du tamtam, mais ça s’arrête là. Je vais mettre ça sur le compte de mon ignorance des morceaux, puisqu’ils n’ont rien joué ni de Morning View ni de S.C.I.E.N.C.E, les seuls albums que j’ai écouté.

A l’inverse, Ben Howard – qu’on a chopé en route – m’a vendu du rêve, alors que justement j’y connaissais que dalle. Lui qui était une de mes armes principales quand je voulais me foutre de la gueule de mon guitariste et de sa pédalerie musicale, il m’en a collé une bonne et je vais devoir me contenter d’une mauvaise imitation de Dallas Green pour mes vannes. Un son mortel, des musiciens multi tâches qui se répartissent habilement la batterie, guitares, basse/contrebasse et percussions, une voix au poil et un look de beau gosse, je suis bluffé. J’ai pas de vidéo digne, donc je vous mets le clip du morceau qui a clôturé le set et qui m’a fait fermer ma gueule, pendant que Musha mattait des boobies et tentait de se réchauffer comme il pouvait.

On tente deux morceaux de Shakaponk – vraiment pour tenter, ne pas mourir idiot et avoir la conscience tranquille -, mais on sait très bien qu’on va aller voir The Mars Volta sur la scène d’à coté. La petite. Shakaponk, un ‘tube’, Main Stage, sur-blindé. The Mars Volta, 10 ans de carrière, 5 albums, multiples disques d’or sans compter At The Drive In, fosse à peine remplie à moitié. Bref.

Folie du groupe, s’il fallait préciser. On est évidemment obnubilé par Cedric Bixler-Zavala et son sens de la scène, son charisme incroyable, sa coupe de cheveux et son déhanché incomparable. Monsieur Zavala, il faut arrêter d’être fou à un moment. Ne pas envoyer voler les cymbales de votre batteur (vers 1.40 sur la vidéo). Ne pas coller son chewing gum sur la caméra qui retransmet votre concert. Ne pas faire le fantôme avec votre cape. Ne pas vous faire une moustache avec une setlist. Ne pas mettre de kick dans votre micro jusqu’à ce qu’il se débranche.

Le pire c’est que malgré tout ça, c’est le gérage total musicalement. Tout est absolument parfait, le batteur au look d’Eddie Murphy comme dirait Liquid – perso je pencherais plus pour Stanley dans The Office – est ultra déconcertant de facilité et de technique à n’en pas faire regretter le départ de Thomas Pridgen. Le bassiste au jogging – qui lui ressemble à Oscar dans The Office toujours – se la joue mode répète dans le garage. L’autre moitié d’At The Drive In, Omar Rodriguez-Lopez, fait des solos d’enculé sans jeter un ?il à son manche. Perfection technique. Après je reconnais qu’il faut accrocher au délire, et particulièrement au dernier album largement représenté dans la setlist. Seules The Widow et Goliath des autres opus seront jouées, ce qui n’enlève rien à la prestation de haut vol des texans.

Reste la tête d’affiche. Blink-182. Pour ne pas faire de redite par rapport au show de Rock En Seine, je vous conseille d’aller (re)lire ça et j’ajouterai juste que :

  • Malheureusement Tom était pas spécialement en forme, si ce n’est complétement à l’ouest.
  • Mark a tout donné pour compenser ça, avec réussite.
  • Et puis bon, Travis quoi. Pas de solo à l’envers cette fois ci, mais encore une claque dans la gueule. Plutôt une fatality de Scorpion.
  • Les nouveaux titres passent bien dans le tas, sûrement parce qu’ils ont joué les trois seuls morceaux bien du dernier album.
  • Il n’y a que Blink pour faire chanter à la foule qu’elle veut enculer un chien.
  • Mark va toujours à la plage avec ses stylos.
  • Mark ne sais toujours pas faire l’intro de Man Overboard correctement.
  • Ils savent jouer Happy Holidays, You Bastard intégralement dans le noir, sans se tromper.
  • Ils ont sûrement dû zappé quelques morceaux à cause de Tom malade (Stay Together For The Kids ? Carousel ?), mais les incontournables étaient évidemment au rendez vous.
  • Mark a la meilleure fin de concert du monde.

Voilà. Sans être la branlée de la dernière fois, ça reste un énorme show. M83 finit son set à coté et on peut écouter leur tube Midnight City et son solo de saxo, seul morceau que j’aurai voulu entendre, histoire de sublimer une journée au Main Square qui a remplit toutes ses promesses. Claque Wiz Khalifa, découverte Ben Howard, folie Mars Volta, efficacité Blink. Les quatre cotés du carré. Le compte est bon.