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Je voulais vous faire un truc cool à base de Colisée et de Fiat 500. Mais ça attendra. Parce que j’ai la haine.

Ce matin, à peine arrivé à Piazza Spagna, Rome, sous presque 30°, ma femme fonce sur le Benetton en fermeture, « -50% minimum tu rends compte ». Madame essaie ces trucs, moi je me pose pour chercher des bricoles dans le guide, genre pourquoi la Piazza Spagna est réputée, pourquoi « Spagna » et autres faits culturels notables dont il est bon d’avoir connaissance. Enfin c’était plutôt la page « les endroits où manger », j’avoue.

Madame a fini, on part payer quand un mec déboule de l’arrière du magasin, m’arrache l’appareil photo des mains et s’enfuit avec. N’écoutant que mon courage, ma bravoure et mon sens aigu de la justice, je pars à sa poursuite, l’intercepte au pied de la fontaine, le maitrise avec une vulgaire clé de bras, la joue sur le pavé brûlant. Je remets le voyou aux mains des carabinieri et récupère mon précieux, sous les applaudissements de la foule.

Si seulement.

Madame a fini, on part payer, elle demande où est l’appareil photo, « mais c’est toi qui as l’appareil photo », « non, je te l’ai filé avant d’essayer mes fringues », « j’en suis pas aussi sur », je retourne à la cabine, rien, je fouille mon sac, rien, on a rien de plus, bref, on a plus d’appareil photo. Si je reconnais l’avoir laissé nonchalamment à côté de la cabine d’essayage et assumer pleinement mon crâne de moineau, il aura seulement fallu une minute trente avant de s’en rendre compte. Et donc autant de temps pour nous le tirer. Pas à tortiller du cul, les italiens ont pas cette réputation de braqueurs pour rien.

On reprend du poil de la bête avec une pizza. La aussi, les romains assurent leur réputation, même pour une banale Margherita supplément salame.

Pizza time

Heureusement, on était plutôt large sur le planning, donc on se décide à partir en quête d’un nouvel appareil. On demande à quelques connaisseurs, on fait quelques boutiques, évidemment on ne trouve nulle part le modèle qu’on veut – parce que oui, quitte à acheter un truc, autant prendre quelque chose qui nous plait un minimum. On est samedi après midi, dans la capitale italienne, et soit les magasins sont fermés, ceux trouvés sur le web n’existent pas, les shops ouverts ont zéro stock ou pire, essaient de nous refourguer des bridges au double du prix sans garantie, genre Easy Cash. Pour vous prouver, l’itinéraire de notre expédition, à pied, bien sûr :

Termini-Roma

Pour un total d’environ 8,5 kilomètres. Voilà. (pour vous prouver ma bonne foi, l’itinéraire est dispo ici : http://goo.gl/maps/7RLM)

Donc en plus d’avoir perdu mon appareil, j’ai perdu mes pieds et mes mollets. J’ai pas de monnaie pour m’acheter une bière. La Pologne est éliminée de l’Euro. Je bade gros. Je bade.