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Ca fait bien 10 ans maintenant. 10 ans que j’écoute Gojira. Non c’est pas vrai, je les ai découverts sur The Link, donc seulement neuf ans. Et puis je les ai ratés sur toutes les tournées. Parce qu’ils sont partis aux US, ont tourné avec Metallica et que j’ai un peu décroché après From Mars To Sirius – je n’ai jamais compris A Sight To Behold. Mais un monstre pareil à Lille en plein mois de mai pluvieux, ça ne se rate pas.

Je passe sur la « blague » Headcharger, le son était naze, le show pas très bon non plus, les chansons encore moins. Mais bien exécuté certes. Juste pas mon délire, encore moins avant Gojira. Et le batteur majorette, non merci.

Je vois aussi à quel point je ne fais plus vraiment partie de la scène métal – si tant est que j’en ai vraiment fait partie un jour, je ne renie pas ma période baggys. Le kilométrage de cheveux au mètre carré doit dépasser celui d’un concert de Justin Bieber, et je peux apprécier les derniers tshirts de Soulfly et Slayer, qui bizarrement ne sont pas bien différents de ceux d’il y a 10 ans. Le tshirt smiley Nirvana, celui là même, lui aussi est présent. Il y en a toujours un.

Les lumières s’éteignent, le monstre arrive. Pas d’intro ou presque, les bordelais dégainent cash avec Space Time et ses sifflantes à faire entendre un sourd. Le son est ultra mastoc et du début à la fin on a l’impression de se faire rouler dessus par un rouleau compresseur. Clouté.

Rien ne s’arrange avec Clone. Encore une fois, raccroche ta mâchoire. Joe réveille un peu le public qui a l’air de subir les vagues de blast dans la gueule sans savoir quoi répondre. Mais c’est sans savoir ce qui les attend après. Avec Backbone double combo Remembrance, la moitié de la salle entre en pogo à l’ancienne, alors que le reste est scotchée devant tant de puissance et de technique à la fois. Rappelez vous la fin de ce morceau, l’espèce de mosh-part précurseur. Jamais réussi à la jouer sans me planter et pourtant j’y ai passé un paquet d’heures. Folie de la fin du morceau, folie de la perfection en live. Si tu n’as pas replacé ta mâchoire après le deuxième titre comme j’avais prévenu, là normalement, tu la cherches dans le pit et tu croises les doigts pour trouver les dents sur le chemin.

On reprend un peu son souffle, avec l’intro de Flying Whales, annoncée par l’énorme baleine qui fait son apparition sur le backdrop vidéoprojecteur. Évidemment, ce n’est que de courte durée, en témoignent ces quelques images.

Gojira reste sur From Mars To Sirius en enchaînant avec The Heaviest Matter Of The Universe, qui bon, disons le franchement, envoie sacrément le paté. Charcuterie, saucisson et cornichons avec. Du coup, je commence un peu à en avoir marre quand arrive Wisdom Comes, parce que c’est claque dans la gueule sur claque dans la gueule à base de chanson mortelle à chaque nouveau morceau; et que celle là fait pas spécialement partie de mon top 10 des meilleurs titres de « Goji », comme aime les appeler mon voisin entre chaque morceau. A noter tout de même le riff de l’enfer et un débit assez incroyable à la double, encore une fois.

Comme je commence franchement à manquer de superlatifs et qu’Oroborus arrive, Mario à la bonne idée d’agrémenter la soirée d’un petit « Gojifail » en perdant ses baguettes. Mais cet enfoiré maitrise tellement que ça passe inaperçu. Si bien qu’on pourrait presque renommer ça en « Gojiwin », comme le précise le dernier commentaire de la vidéo.

On fait une pause JP (de Cross9 pour les nostalgiques), éminent artisan de la scène lilloise, à qui Joe dédicace le nouveau morceau, L’Enfant Sauvage :

Bien sûr, je passe sur la puissance et la maitrise technique, blah blah blah, ce qui va de soi avec les bordelais. Et qui continuera avec Toxic Garbage Island et Vacuity. Histoire de finir sur la note la plus brutale/malsaine/amenez-nous-Lucifer possible.

Après quelques (courtes) minutes d’applaudissements, de cris gutturaux et d’autres « Gojira » scandés par la foule mi-paralysée / mi-trempée de sueur, le groupe revient pour nous délivrer un final encore une fois en mode écrase-ta-face-sur-le-bitume avec Where Dragons Dwell et son outro interminable. 3mn de double kick qui finit d’achever un public déjà décapité plus d’une fois, mais qui en redemande encore.

Enfin voilà. Problème de son monstrueux. Système d’acouphènes infinis. Problème de groupe qui se permet de ne pas jouer ni From The Sky, ni Embrace The World. Système de show tout de même vraiment, vraiment mortel.

Setlist :

1. Space Time
2. Clone
3. Backbone
4. Remembrance
5. Flying Whales
6. The Heaviest Matter of the Universe
7. Wisdom Comes
8. Oroborus
9. L’Enfant Sauvage
10. Toxic Garbage Island
11. Vacuity
Encore :
12. Where Dragons Dwell