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Une des grosses sorties de l’année. Ils étaient attendus au tournant après le déjà culte Returners, et autant être franc tout de suite, Get What You Give est le digne héritier de celui ci, sans en être une pâle copie. Laissez moi m’expliquer.

Dès le premier morceau, on est dans le bain. La recette n’a pas l’air d’avoir bougé d’un iota, mais elle marche tellement bien qu’on en est pas déçu le moins du monde. La voix complètement folle de Vigil y joue pour beaucoup et « This Is What I Know About Sacrifice » donne un aperçu, du haut de sa minute trente et de son coup de fusil à pompe, de la patate à laquelle on va avoir droit du début à la fin du CD.

On la connaissait déjà pour être sortie en avant première, « Outlive » est un vrai appel à la bagarre et va définitivement donner des envies de 2-step même à ceux qui ont l’habitude de se contenter de croiser les bras et de bouger la tête. Un nouvel hymne qu’on pourrait rapprocher à « Greater Distance » de l’effort précédent, Heavy as f***, efficace, puissant et pas de break. Tout à fond, dans un sentiment d’urgence controlée. Caractéristiques qu’on retrouvera sur l’ultra lourd « Deceiver ». « Engine 45 » qui enchaîne donne l’impression de continuer dans la même lignée, avant que n’intervienne du chant clair (WTF?). Une première chez les californiens, qu’on retrouve un peu plus loin sur « Dark Horse ». Seraient ils influencés par leur nouveau batteur, Andrew Tkaczyk, ex For The Fallen Dreams ? Qu’on ne me méprenne pas, c’est bien fait, maîtrisé (à voir en live) et bien amené, mais ce qui faisait leur force pour moi, c’était justement d’arriver à être aussi fédérateur sans une goutte de chant clair. Réaction de puriste sûrement, car j’aurais été le premier à dire que c’est génial si ç’avait été FTFD. Mais justement, on parle de The Ghost Inside.

Comme s’ils savaient qu’ils s’approchaient d’un terrain glissant, la chanson suivante « Slipping Away » – cocasse -, nous remet dans le droit chemin à base de chugs et un refrain mélodique savate dont eux seuls ont le secret. Un des hits de l’album. Dans la même veine, « Test The Limits » en fera courir plus d’un dans des circle pits endiablés. « White Light » serait peut être la pierre angulaire de cet album, et peut être même de leur discographie. Plus lente, beaucoup plus posée, « White Light » démontre l’étendue du talent de songwriting, réussissant à merveille le grand écart entre moshparts incisives et mélodies mélancoliques et désespérées, à l’image des paroles contrastant avec l’habituelle positivité des textes de Vigil. « Thirty Three » et « Face Value » reprennent les codes du genre pour deux titres à la fois sombres et pleins d’espoir, marque de fabrique des californiens. À noter la prestation de haut vol d’Andrew Neufeld (Comeback Kid), qui vient sublimer la fin de « Face Value », sûrement aidée par un énorme bass drop qui fait trembler mon plancher à chaque fois.

En somme, malgré une pointe de chant clair (qui reste quand même dans le crâne, saloperie), The Ghost Inside n’a rien perdu de sa hargne, de son énergie et de sa positivité. Un nouvel album qui présage un avenir un peu différent, à l’image de « White Horse », mais toujours aussi diablement fédérateur. Sans conteste un sérieux prétendant pour vos futurs top 10 2012.

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