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Je ne cache pas que je vais avoir du mal à être objectif avec cette chronique. Fan du groupe depuis Gutter Phenomenon (attaquez moi pour ne pas avoir écouté les deux précédents à leur sorties respectives), Every Time I Die enchaîne les albums et régale toujours autant, comme le gâteau de sa grand mère qu’on réclame à chaque visite : difficile d’être déçu alors qu’on est de plus en plus exigeant.

Le single qui ouvre l’opus, « Underwater Bimbos From Outer Space », avait déjà mis tout le monde d’accord lors de la sortie du clip : brut, intense et agressif, ETID ne s’est pas calmé d’un poil et reste toujours au top. Le tout se confirme par le morceau suivant « Holy Book Of Dilemma », pur titre punk hardcore destiné à la bagarre en live.Si « Typical Miracle » sonne un peu plus facile, ce n’est que pour montrer que leur southern rock sombre et complexe – dont eux seuls ont le secret – est toujours au coeur des préoccupations. « I Suck [Blood] » enfonce le clou, avec (enfin) le retour de la voix chantée de Keith Buckley, qui faisait chavirer mon coeur depuis longtemps.

Ce combo de titres fait déjà vraiment mal alors qu’on n’est pas encore arrivé au meilleur morceau : « Partying Is Such Sweet Sorrow ». Après une intro au banjo (désolé pour le spoil), deux minutes de rollercoaster commencent, à base de double kick, breaks catchy et vibraslap, l’ingrédient secret qui change à chaque album et qui rend la recette unique. Inutile de préciser que la manoeuvre est couronnée de succès et en fait un nouvel équivalent de « We’rewolf » ou « The New Black ». « Revival Mode » calme un peu le jeu, sans pour autant être un titre de remplissage. Le refrain particulièrement  mélancolique est vraiment entêtant et le morceau pourrait tourner en boucle juste pour le solo sudiste interminable de fin, qu’on aimerait jouer à Guitar Hero.Les derniers titres ne déméritent pas, comme les dernières parts du gâteau qu’il ne serait pas judicieux de manger, mais on ne peut pas s’en empêcher. Mentions spéciales pour « Drag King » et « Indian Giver », qui sans renouveler le genre, apportent respectivement une touche positive et une fin aérienne, qui fonctionne très bien en guise de conclusion.

Bref, après un New Junk Aesthetic, qui remettait les pendules à l’heure après le très rock’n’roll Big Dirty, Ex-Lives passe visiblement un nouveau cap, certainement plus brut et direction l’essentiel, tout en étant un digne successeur du précédent album. Tout ce qu’il manquerait c’est peut être un peu plus de la superbe voix de velours de Buckley, qui se fait malheureusement un peu trop rare à mon goût. Ex-Lives n’en demeure pas moins une masterpiece de 2012, peu importe si on n’est qu’au mois de mars.

Every Time I Die - Ex-Lives