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Chers lecteurs,

J’ai une confession à faire.

Je suis allé à la messe.

Quand j’étais à Sydney.

Je comprendrais que vous ne compreniez pas, ce n’est pas vraiment dans mes habitudes. Mais il faut « s’ouvrir l’esprit », comme elle dit. Et l’Australie et toutes ces rencontres fortuites jusque là s’avère être propice à ce genre de découvertes. Parait que c’est pas pareil qu’en France.

Je me mets un petit Anberlin (de circonstance) et je vous explique.

On a accompagné une bonne amie de ma femme à Sutherland, pour qui l’église est visiblement sa deuxième famille. Soit. Je ne vais pas cacher que j’étais assez sceptique, mais passons. Nous voilà arrivés devant un bâtiment, on entre même dans un auditorium, croise un ami de la dame, « – alors tu joues ce soir ? – ouais, je vais juste me changer, j’arrive, nice to meet you guys« . Et puis on s’assoit et on est rejoint par plein de monde, alors qu’on était tranquille devant la scène. Et puis la lumière s’éteint, une vidéo est diffusée sur un écran géant et des mecs montent sur scène avec des guitares. J’avais pas grillé la batterie derrière la vitre à droite. Mais WTF ? Je pensais qu’on allait à la messe moi, j’aurais aimé qu’on me prévienne si on allait voir un show avant.

Grosse ambiance, le groupe envoie la sauce, les paroles sont diffusées en même temps pour que tout le monde puisse chanter ensemble la gloire à Dieu. Wait, what ?

Mais c’est quoi ce truc, il est où le curé en soutane, les bougies, le sacrifice du mouton – bouc pardon – et tout le bordel ? C’est ça la messe ici ? Un groupe de rock, une foule en délire et des cours de surf ?

Le groupe s’engage sur un passage un peu plus calme, ambiant, et le pasteur arrive, accueilli en héros. Petit speech avec la musique en fond, pour annoncer l’arrivée de la guest star, un vrai featuring où la foule acclame Sam Chand, intervenant venant du pays à la bannière étoilée. C’est marrant « intervenant venant » tiens.

Bref, Mon Père Chand – si je ne m’abuse, je suis pas très calé en vocable religieux – fera taire les musiciens et fédère le public autour de 2011, qui sera sans nul doute l’année de Shirelive (alias l’église dans laquelle on est). Un long discours sur pourquoi cette église doit devenir « a place to rest », où les âmes errantes puissent connaitre une résurrection et pourquoi il est indispensable que les membres de cette église forme une famille avant tout, il faut s’y sentir bien. Je me laisse prendre au jeu et suis même assez d’accord avec l’ensemble du discours, mis à part la partie où il faut plus ou moins faire tout ça pour l’amour de Jésus. Je ne vois toujours pas pourquoi il faudrait faire ça pour lui et pas pour nous même, mais ce n’est que mon avis.

Dans tous les cas, croyez le où non, mais ceci est donc une église :

shirelive

Une fois fini, le groupe reprend ses droits et les chaises des premiers rangs reculent pour créer une belle fosse, pour qu’un pogo puisse se déclarer. Deux morceaux et un rappel plus tard, le moment magique arrive : le pasteur monte sur scène pour les derniers mots, pose le micro et se lance dans la foule. J’ai vu un pasteur slammer. J’en crois toujours pas mes yeux. L’Australie est un pays génial. Un pasteur slammer putain. Pardonnez mon langage. Vous voyez Père Michel en crowd surfing vous ? Marqué à vie. A deux doigts de signer pour l’église, juste pour ça.

Enfin, j’aurais eu le plaisir de partager un burrito et quelques bières avec la troupe, qui m’a accepté tel quel malgré mon hérésie palpable. Discuter de tout et de rien, sans essayer de me convertir, juste à comprendre pourquoi moi j’y crois pas. S’il y a bien une chose dont je suis sur, c’est que ça se passerait pas comme ça en France. « Comment ça t’es pas baptisé ? Et tu comptes pas le faire ? Qu’est ce qu’il va pas chez toi ? « , j’en ai déjà eu un paquet.

Donc voilà, j’avoue, j’ai passé un super moment, pas du tout awkward, avec des gens géniaux et épanouis. L’ouverture d’esprit, comme elle dit.