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J’avais dit que je pouvais écrire un livre sur ce qu’il passe dans un TGV Paris-Lille. En fait, non, mes derniers voyages étaient finalement calmes. Le dernier particulièrement. Jusqu’à ce que j’arrive à Lille.

Après en avoir mis 3 à Rennes, le LOSC était définitivement champion de France de football. Et donc la ville a remis ça. Pour la troisième fois, après la coupe, le championnat  acquis avant le dernier match la semaine dernière, et maintenant donc parce que c’est vraiment fini et qu’on est toujours champion. Comme si je déprimais pas déjà assez parce que le RCL descendait en L2, il fallait en plus que je sois confronté à la joie des Lillois qui fêtaient leur titre. D’habitude, je fanfaronne pas mal d’avoir un appart vraiment dans le centre et tout et tout, mais les klaxons et les cas soc’ (réputés gratinés dans le 59, à juste titre) ont eu raison de ma nuit.

Mais c’est pas du tout de ça que je veux parler, mais plutôt de ce qu’il s’est passé l’autre soir. L’histoire se passe dans une station de métro. Oui, « Rails », c’est le seul lien que j’ai trouvé pour raconter les deux histoires en même temps, navré. Une station de métro donc, alors que je revenais tranquillement de charger des séances de fitness chopées à -50% sur Groupon sur ma carte d’un club de sport. Bref, jusque là tout est donc normal.

Casque sur les oreilles, en shuffle qui me fait passer de Simple Math de Manchester Orchestra à Tony Danza Tapdance Extravaganza, un mec pas spécialement des plus propres vient me dire qu’on voit ma touffe. Je remonte ma braguette, enlève mon casque et remercie bien ce monsieur.
 » – Nan mais je t’ai demandé si t’as de la chouffe ».
Je me disais bien, je me suis épilé il y a pas si longtemps, ça pouvait techniquement pas déborder.
 » – Alors ? »
Putain mais c’est quoi de la chouffe ? A part la bière, je vois pas. Et pourquoi il m’aurait demandé précisément de la chouffe et pas juste de la bière ? S’il parle de cannabis ou autre produit connu pour leurs effets secondaires, je ne mange pas de ce pain là. Un esprit sain, dans un corps sain, rapport à mes séances de fitness.
 » – Non mon brave, je n’ai rien de tout ça, je suis un être civilisé qui ne cherche pas à fuir la réalité. »
Je pense qu’il a pas compris la portée philosophique de cette phrase, donc il est parti sans chouffe. Je remet mon casque, prends l’escalier et pars donc attendre le métro, objectif principal à partir du moment où je suis entré dans la station.
 » – Hé gros, t’as pas de la chouffe ? ».
Heureusement que c’était destiné au mec à coté, sinon je l’aurai négligemment poussé sur les rails.
 » – Nan cousin, mais j’ai de la blanche si tu veux. »
Je piaffe dans ma moustache en m’en voulant de pas avoir eu la même répartie que lui trois minutes plus tôt.
 » – OK, combien ?

– VingT la ligne » (oui, on prononce le T de vingt dans la région)
Là, je baisse le son et tente une immersion discrète. Je joue à L.A Noire en ce moment, je me sens chaud pour l’infiltration. Parce que bon le mec vient quand même de lui proposer de la coke, qu’il a accepté et que ça parle business. J’avoue ne pas trop être au courant du prix d’une ligne de cocaïne, donc s’il vous plait, précisez moi dans les commentaires si 20? le shoot c’est cher ou pas.

Le mec que je pensais être une moitié de clodo prépare ses biftons, l’autre sa carte bleue. J’attends patiemment qu’il sorte la poudre magique pour crier « NPDCPD*, FREEZE ! », magnum à la main, mais je fais pas partie de la brigade des stups. Et je n’avais pas de whisky/Tom Selleck/autre (précisez : …………….) sur moi.

Le revendeur dégage de la main la poussière du muret, sort son sachet et prépare le plus simplement du monde un rail de coke à son nouveau pote. Comme pour me signaler que tout était prévu, la rame arrive exactement au moment où le mal du siècle disparait dans la narine de monsieur. Je grimpe, les yeux encore plein de paillettes, les portes se ferment et les drogués restent sur le quai, l’air hagard, comme s’ils étaient degs de pas avoir pu choper ce métro.

Bref, fin de l’épisode, je suis rentré chez moi et me suis fait une ligne de fraises Tagada, parce que ça coute moins cher que la cocaïne.

*Nord Pas De Calais Police Department

ifuckinglovetagadas