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Je vous préparais un post complétement 2002 avec des baggys et des colliers à boule.

Puis j’ai regardé Anvil. Le film-documentaire sur le groupe du même nom, back to 1982. Et ça m’a complétement retourné le bide. Dire qu’il trainait sur le rebord de la cheminée depuis bientôt 6 mois.

AnvilFlyer

Putain, les mecs y croient dur comme fer quoi. Plus de 35 ans à tenter de vivre de la musique, merde, ça force le respect. Toujours vouloir jouer, tourner, enregistrer, malgré le peu de foule, d’argent, de reconnaissance, malgré les galères – les mecs seront pas payés lors d’un passage en République Tchèque, ou ratent leur train par exemple -, mais au final ils ne gardent que de bons souvenirs. Et au fond, pas les moments sur scène, mais tout ce qui est à coté.

L’euphorie, comme un gosse, quand on leur annonce une tournée en Europe,

Wow, look at this. Italy, Switzerland, Austria, France, England, Belgium, Germany. 1,500 euro a fucking show, man.
Holy shit, this is going to be the biggest tour I’ve done in 20 years.

la peur de retourner au Japon sans y retrouver la gloire du passé, pour finalement y faire un des plus grand show de leur vie et à nouveau y croire; la tristesse quand Lips reçoit le mail du label précisant qu’il ne distribuera pas leur nouvel opus. Puis cet élan de colère envers le monde du disque. Et une sorte de résignation, assez forte pour lancer leur treizième album en auto-production. 35 ans et treize albums pour tenter de toucher à nouveau leur rêve, à travers toutes les émotions, les hauts et les bas, mais en ayant toujours une putain de foi, en étant convaincu que cette fois là sera la bonne.

Et par dessus tout, il y a cette amitié fraternelle indestructible, la relation entre les deux leaders du groupe, Lips & Robb Reiner. Incontestablement les moteurs du groupe, qui s’étaient juré de rocker ensemble toute leur vie. Le genre d’amitié rare au sein d’un groupe, même tout simplement rare. Je tuerais pour vivre ça une fois dans ma vie.

Alors évidemment, le tout combiné à la musique, j’ai vécu le film à fond. Touché. Un must pour n’importe qui, une leçon de persévérance, de rock’n’roll et de fraternité.

Je finirai par la déclaration de Lips qui clôture le film, qui est à mon gout une leçon de vie, qui me fait déprimer sur ce que j’ai raté, où tout au moins aurait dû vivre plus intensément. J’étais déjà à deux doigts de verser une larme en l’entendant hier, je suis encore à deux doigts d’en verser une autre rien qu’à la relire.

It goes far beyond writing a good song. It has nothing to do with the song. It has to do with a matter of attitude, what you’re willing to settle for, who you’re willing to work with and having a good time with my life, enjoying my life.
That’s the most expensive thing in life and the most valuable things in life, is your relationships, the people that you know, the places you’ve been and the experiences you’ve had.
I started out with Robb when I was 14, 15 years old and we said, « We’re going to do it till we’re old men. » We really meant that.
We had that 15 minutes of fame and then it’s gone. So that’s the way I kind of look at it. So I was lucky enough to have that moment, and I’ve made, basically… It was enough of a moment that it prolonged and gave me a career that’s 30 years long. So it was a great achievement, a fantastic achievement. Nothing to ever look down at or not to be proud of and that’s the way I really look at it. You don’t think about it. Life flies by, man. That’s all I’m learning here, you know. Before you know it, life’s done. And it didn’t seem that long.
The music lasts forever.
The music lasts forever and that’s the art and that’s the most important thing.