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Je suis relativement un novice du hardcore. Moi on me dit hardcore, je pense Hatebreed ou Madball. Les bases, à l’ancienne, East Coast. Ce à quoi on me répond un truc genre, “mais t’es complétement out, le hardcore est entré dans une nouvelle dimension depuis“. Et vu la déferlante de statuts sur ma timeline Facebook depuis le leak de leur album, je pense avoir trouvé les nouveaux héros de la scène : Defeater.

Maintenant j’aurai l’air cool en les citant parmi mes références. Je sens un “Stay True” avec des oiseaux entourés de roses se tatouer sur ma poitrine.

Certains diront qu’ils ont tout pompé à Have Heart ou Minor Threat. Personnellement, Defeater fait bien du Defeater et c’est pour ça qu’ils sortent du lot. Même s’ils viennent du berceau du hardcore, aka Boston, MA, ce groupe là fait bien autre chose que de retourner la terre et tenter de faire du neuf avec du vieux. Defeater fait du neuf, un point c’est tout. Du modern, pardon.

A l’image du titre qui ouvre, Warm Blood Rush, les américains n’ont rien perdu de leur débauche d’énergie et de l’intensité qu’on leur connait. Mais toute cette puissance est mise au service d’une nouvelle mélancolie et d’un désespoir latent, incarné par la voix à bout de souffle de Derek Archambault. Inutile de vous dire que le mix est particulièrement réussi, notamment sur Waves Crash, Clouds Roll.

Un album peut être plus posé, moins brut de décoffrage (bien que No Kind Of Home ou White Knuckles n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs), mais tout aussi tendu et sombre, dans la lignée de leur EP Lost Ground. Le titre Empty Glass en est l’image parfaite. Cemetery Walls et At Peace apporte en plus une touche clairement mélodique, qui fait entrer le groupe dans une autre dimension. Un panel d’interprétations de leurs émotions vraiment incroyable. Bien loin des circle pits de Hatebreed, c’est bien à tes tripes que Defeater parle, et pas à tes poings.

>Et puis il y a la deuxième partie, le deuxième CD, le coté Sleepless Nights du double LP, qui nous fait découvrir une nouvelle facette de Defeater. Folk et acoustique. Surprenante à première écoute, mais terriblement accrocheuse par la suite, d’autant plus que ces chansons transpirent (malheureusement) le vécu. Un rapide coup d’oeil aux paroles de But Breathing ou Brothers ont de quoi vous arracher le cœur, et rappelle les tristes moments racontés dans Travels. Un coté donc radicalement différent, dans la veine d’un City & Colour. Tellement réussi pour le coup que ce sont ces chansons là qui ont le plus tourné dans iTunes. Et puis c’est bien connu, c’est toujours les rockers qui font les plus belles chansons acoustiques.

Bref, 14 titres et une intensité émotionnelle surpuissante qui font de Empty Days & Sleepless Nights an absolute masterpiece.

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