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La troisième galette de For The Fallen Dreams se faisait particulièrement attendre. Parce que Changes en 2008 avait écrit les préceptes du metal/hardcore mélodique, sans placer la moindre ligne de chant clair. Parce que Relentless, malgré le changement de chanteur, est une des pépites du genre. Parce que l’exclu me faisait un peu peur sur le tournant musical du groupe. Parce que le batteur a du sentir venir le truc et a profité d’une place vacante chez The Ghost Inside pour se mettre à l’abri. Pour tout ça, Back Burner devenait une énigme.

Donc je récupère l’album, lance iTunes et envoie le premier titre, Say What you Will. Soulagé. Alors certes, le chant clair prend de l’ampleur sur le refrain, mais malgré tout, est très bien exécuté, ça sent l’influence ADTR de Tom Denney aux manettes. Donc je ne cache pas que j’ai passé la journée avec ce riff dans la tête, ce qui est, tant qu’on ne parle pas de Patrick Sébastien ou de René La Taupe, souvent gage de qualité. On retrouve ce qui faisait la force du groupe avec de belles moshparts et du chugga-chugga, et des riffs qui donnent envie de frotter le dentier de votre belle mère sur le bitume. Pour ça, mettez vous Complicate The Situation (où vous pourrez lui laisser ramasser ses dents sur le refrain avant d’en remettre une couche) ou Let Go pour plus d’efficacité et moins de détail (seule chanson sans chant clair d’ailleurs).

Par contre, sortis ces trois titres, For The Fallen Dreams prend une direction nettement plus mainstream, à l’image de The Big Empty ou The Human Collective. Pas d’inquiétudes, les breaks sont toujours là et Dylan Richter n’a pas troqué sa voix pour celle de Miley Cyrus. Mais ces morceaux sont résolument plus abordables, à base de refrains vraiment catchy et moitié moins de double grosse caisse. Bottom Feeders et son choeur plein de brothership vient donner un petit coup frais, tout comme Yellow , notamment grâce à la très bonne apparition de Mike Duce de Lower Than Atlantis. Mais j’ai un vrai problème avec Only Unopened Arms, qui sonne faux, avec un refrain au chant clair mais plat, des guitares étrangement en arrière et des paroles niaises. Heureusement l’outro remet l’album sur le droit chemin, prêt à enchainer avec My Anthem-Like Symphony, même si comme sur plus ou moins tout l’album, on tombe dans le cliché couplet méchant et refrain chanté, dans une pâle copie d’un Homesick d’ADTR avec un poil plus de bollocks (surement la différence Michigan / Floride), mais diablement moins efficace.

Un album pour moi un peu mitigé donc, coincé entre ses racines et son envie de grand public. Sans être la branlée que j’aurais aimé me prendre, je ne peux définitivement pas dire que Back Burner est un mauvais album et il devrait ravir les fans en recherche de gros riffs metalcore alternés à des refrains catchy. Une bonne évolution qui permet à For The Fallen Dreams de sortir de son étiquette. Je pense quand même que quand je me remettrai Changes dans les oreilles, je me demanderai comment on a pu en arriver là.

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