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Je suis allé à l’hôtel de police, pour porter plainte contre le @&?$£%###¥ qui a niqué la voiture la plus cool du monde. Parce que sinon pour les assurances je suis responsable tout ça, enfin le genre d’excuses qu’ils ont le temps d’inventer avec l’argent qu’on leur donne. Non je ne suis pas aigri, faux.

Bref, il est sympa l’hôtel de police de Lille. Spacieux, moderne, carrelage imitation marbre… Non cool. Mais on s’y fait super chier. Probablement parce que j’ai du attendre un peu comme il y avait pas mal de monde, des fugues de mineurs, meurtres de belle mère…

Et puis j’ai remarqué un mec, qui attendait, surement pour déposer une plainte aussi. Mais lui était louche. Genre pas frais, ou sous ecsta/hero au choix. Bref. Une bande arrive, je sais pas ce qu’il s’est passé pour eux, mais ils m’ont l’air aussi vachement agités. En écoutant de loin, ils passent récupérer des amis à eux. Je veux pas imaginer le genre d’amis.

En écoutant plus attentivement, je découvre que la bande vient en fait libérer un gang africain. Ca sent les blood diamonds, les mecs chopés à la frontière avant de refiler le bébé à de généreux acheteurs. En écoutant très attentivement, l’oreille tendue (en même temps, les mecs s’énervent, l’officier a pas l’air coopératif. Je sais ce que c’est, je suis passé par son bureau aussi. Lisez bien « par » et pas « sous »), les amis en question sont Simba, Timon et Pumbaa, tous trois incarcérés parce qu’ils fricotent avec un cartel mexicain. A ce qu’il parait, les autres ont déjà plongé, et pas dans la farine.

Évidemment, tout part en cacahuète, le chef de la bande, à crans au vu de l’inactivité de l’officier, le bute et se met à chanter I Shot The Sheriff. Les autres tracent derrière le comptoir pour finir le reste du commando à la kalach, alertés par le coup de feu précédemment cité. Et pendant ce temps là le mec louche sous héro me pointe un flingue sur la tempe. Cet enculé était de mèche.

« – Joues pas au con. Au mieux tu sers de monnaie d’échange pour la libération de Zazu. Au pire je te flingue. Dans les deux cas, t’es gentil, tu fais pas chier.
– Non mais moi je venais juste parce qu’on m’a rentré dedans, rien de plus, moi Simba je m’en cale. Je peux même m’en aller si vous voulez, je vous laisse tranquille, je reviendrais quand vous aurez fini, je suis pas…
– Ta gueule. Je suis déjà en manque, je suis sûr que ça me calmerait si je te mettais une balle ou deux, mais je vais me faire engueuler par le boss.
– Celui qui chante Bob Marley ?
– Ouais.
– Si je peux me permettre, je vous conseillerais
Heroine Hero, il faut attraper un dragon, c’est super pour décrocher.
– C’est quoi ton nom déjà ?
– Dw19ht.
– OK Dw19ht. Ta gueule. »

Pas super super sympa le mec. Je veux dire, il arrive, braque à moitié un commissariat, me prend en otage et fait même pas la causette ? Pas cool.

La bande s’enfonce dans les couloirs, on les perd de vue, mais les explosions me font comprendre qu’il y aura bientôt une arrivée de poulets rôtis sur le marché. Quelques minutes passent, avec Bob Marley dans la tête du coup, avant que tout le gang ne ressortent.

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Les vermines. Je vérifie bien que Zazu fait partie du pack, rapport à mon statut d’otage, et c’est bon. Un camion du SWAT surgit alors dans le hall, détruisant les vitres et créant une super accès pour s’enfuir. Malins les mecs. Genre film à gros budget sans scénario. Bien joué. J’applaudirais des deux mains si j’avais pas un pistolet pointé sur moi.

Les flics sortent et  lancent une attaque massive, mais finalement rapidement avortée suite au preneur d’otage qui hurlait « Arrêtez tout ou je bute Dw19ht« . Ce qui, vis à vis de mon statut de blogueur influent, fait quand même réfléchir la force d’intervention à deux fois. Le temps nécessaire pour que le gang contre attaque et réduise l’unité à néant, sous une pluie de griffes et autres pets du phacochère.

« – Bon, toi tu sers plus à rien. On va monter dans le van, et t’oublie ce que t’as vu, pigé ?
– Oui oui, pas de problème. Amusez vous bien hein, et oublies pas,
Heroine Hero ! »

Les fugitifs s’empresseront de monter à bord du véhicule vacant pour mettre les voiles, emportant toute la troupe loin des soucis, philosophie.

La liberté. A peine le temps de me rendre compte que je suis libre qu’un officier m’invite à déposer ma plainte minable. L’odeur de poudre encore fraiche, la réception immaculée de sang, portes brisées, impacts de balles partout et autres bris de glace. Comme ça, rien à foutre du bordel. « Moi je suis là pour enregistrer les plaintes monsieur, pas mon problème ça« . Donc je dépose et ressort, en notant bien que la vie du commissariat a repris son cours normal, les impacts et le reste astucieusement camouflés par des cônes de chantier. Et dire que maintenant Simba et son gang sont en liberté, sans que la police ne s’en occupe, ça me fait froid dans le dos.

Mais bon, je m’en fous, j’ai la paperasse pour faire raquer les assurances et jouir le garagiste. My Punto will be back.

PS: ce post est fictif, au cas où vous vous demandez. Simba ne traîne pas avec les mexicains, mais fait dans le trafic d’armes en Afrique noire. Et il essaie toujours de vivre heureux avec Nala, malgré les risques du métier.