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Ce weekend, c’était Pays Bas avec From Dying Skies. Et que d’aventures, je vous raconte pas. Enfin, si, c’est ce que je vais faire. C’est une façon de parler. Bref.

Départ après avoir attendu le roadie, puis embouteillages à Lille, puis sieste jusque Gand, puis embouteillages à Anvers. Plus ou moins rien d’anormal. Le témoin pour la batterie s’affiche. Vous savez le rouge avec le logo dedans. « S’il y avait un problème avec la batterie, on serait déjà arrêtés ». Certes. « Y’a vraiment un problème là, ça galère à freiner ». Bon, la salle est plus très loin là, encore 3mn sur le GPS. « OK, je m’arrête, ça pue le circuit cramé là, ya forcément un truc ». Et effectivement, la courroie pour la ventilation avait disparue. Toujours du plus bel effet après 3h de retour, à l’étranger, avant un show.

Patrick – dit « Patrick Kanterbräu » du au nombre de cannettes de bière qu’il transporte dans son sac – nous aidera à nous dépatouiller entre français, néerlandais et anglais avec le dépanneur au nom ravageur d’ « Accident Control ». Une fois le van sur la dépanneuse, on va pouvoir passé à autre chose.

Dennis, batteur de When All Light Dies et hôte pour le weekend nous a filé un bon coup de main pour régler les problèmes d’assurance, décharger le matos et préparer le concert comme si de rien était, en rebaptisant en passant notre bolide en From Dying Van. Cocasse. On notera aussi que le guitariste du groupe qui ouvrait a quand même porté le box orange de 50 kg tout seul, et sans galérer. Nous on en chie à 2.

La batterie et les amplis sont prêts, plus qu’à attendre l’heure du show. Attente longue et fastidieuse, bien compensée par la bière offerte par la maison. En même temps, les tableaux dans la rue affichaient « Happy Hour / 3-10 pm. Et après on s’étonne de retrouver des filles bourrées qui se trémoussent contre les vitres embuées. Non mais sérieux. 7h de happy hour, un vendredi. Va falloir revenir.

Petit soundcheck sur fond de Linkin Park et Blink 182 avant de jouer, et c’est parti. Relativement bonne ambiance, pas trop de monde et Patrick Kanterbrau qui a à moitié étranglé le chanteur, mais à part ça c’était pas mauvais. Un after chez Dennis, accompagné de fricadelles, soufflés au fromage, Jupiler et Spoof Movie, tout va bien.

Lendemain plus difficile, mais ce qui est bien quand on est hébergé chez quelqu’un qui habite toujours chez ses parents, c’est qu’on a un petit déj sympa. Café, jus d’orange, toasts, confiture, j’en passe et des meilleures. Le tout avec un petit rayon de soleil et sabots en bois dans le jardin, sympa comme tout. Avec une petite ballade cliché Pays Bas jusqu’au moulin en traversant un village qui soit 1) est un village témoin ou 2) est un village Pierre & Vacances – ça existe que dans les films des maisons aussi soignées -, ça remet d’aplomb pour la suite.

Récupération du van, récupération du matos à la salle, Burger King, coffee shop, #umademytweet « J’ai envie de me racler la gorge avec un couteau à beurre », parc, bière en terrasse et gros caca dans les toilettes des filles, route vers Rijen pour le deuxième show. Installation du merch, petit foot, crashes en série sur la borne PS2 Burnout 3 Takedown, réparation de la caisse claire cassée la veille, 2-step sur As Enemies Arise, et tout le monde se barre.

Plus personne pour nous. Mais genre personne. Zéro. Le temps qu’on monte notre matos sur scène, la foule avait disparue, telle Jean Pierre Mader. Il aura fallu tout We Will Be Okay pour qu’une trentaine de personnes daignent revenir. Et pas n’importe lesquelles, parce qu’ils ont quand même pogoter – je dis bien « pogoter » – sur Sadness Is Safety – la chanson pour les filles, piano et compagnie – et fait un circle pit sur If Your Heart Was Broken, You’d Be Dead – la chanson un peu gaie, gentille, punk rock californien. C’est pas comme si on faisait du néo ou du gros hardcore de Boston. Mais au moins ils ont mis l’ambiance, on peut pas leur reprocher.

Enfin, histoire de finir sur un bon point, on a échappé de peu a un vomi dans le coffre du van, été harcelés par une bande de hollandaises saoules et aussi attachantes qu’une horde de zombies, mangé une pizza qui sentait le renfermé, fait 3h de route la nuit pour rentrer, squatté chez notre roadie sur un matelas entre les caméléons et les gerbilles, oublié ma veste et claqué un BBQ.

A me relire, j’ai l’impression de dire que c’était un sacré mauvais weekend, mais je crois qu’on a jamais été aussi rock’n’roll. Et ça, je suis bien content de l’avoir vécu.