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Il y a quelques jours, je vois sur le wall Facebook d’un pote : « Chicago Illinois, J-3« .
Je lui fais « What? »
Il me fait « Départ de Greenville pour Chicago hier après midi… et nul endroit où dormir arrivé à Chicago… »
Je lui fais « Ca ferait une bon post ça »
Il me fait :
« Dimanche 28 novembre 2010, après quelques jours passés à Greenville, Illinois (USA pour les ignares), me revoici dans ce bon vieux bus Greyhound pour 6 heures de route. Direction ? La grande ville. Je veux parler de Chicago, bien entendu. Mais laissez moi reprendre du début.

J’ai passé plusieurs jours chez un ami couchsurfer, rencontré cet été à Paris. A Greenville, charmante petite ville perdue au fin fond de l’Illinois, seuls des professeurs à la retraite, des étudiants et des professeurs qui bossent dans les universités, habitent ici. Autant dire que tout le monde se connait. Quand on se ballade dans la rue c’est plutôt du genre : « Good morning Mrs Jenkins, how are you today ?; Hi Mr Howard, happy Thanksgiving ». J’ai oublié de préciser que j’ai passé Thanksgiving sur place. Trois repas complet, le premier à 1pm, le deuxième à 4pm et le dernier à 6pm. Avec entrée, plat et dessert à chaque fois.

Enfin bref, après l’office du dimanche matin, le professeur Ahern, m’amène à son bureau pour que je puisse réserver mon trajet de bus jusque Chicago, et là, horreur, le bus que je devais prendre à 1.30pm est complet, plus de possibilités de réserve. Le prochain est à 6pm, ce qui me ferait arriver vers 1.00 am le lendemain matin. Sachant que je n’ai, pour le moment aucun plan d’hébergement pour la nuit qui va se pointer. Tant pis, je le tente, je réserve le bus de 6pm.

Et nous voila partis pour 40 minutes de route pour St.Louis, Missouri, gare de départ. Arrivé à 1pm, je retrouve une fille qui m’a accompagné le long de l’aller dans ce même bus, j’essaie donc d’échanger mon billet au comptoir et c’est OK, mais pour 15$ de plus.
Je dis au revoir au professeur et à mon ami Diego, puis, en route pour Chicago. Dans mon sac : mon carnet de bord, mon linge, une pomme, du pain au fromage, quelques dollars, mes papiers et quelques numéros de téléphone.

Voici mon plan d’attaque, par ordre de préférence :

1/ Essayer de me faire héberger par Laureen, la fille du bus.
2/ Utiliser un des numéros de téléphone des contacts que j ai sur place pour me loger.
3/ Dormir dans l’aéroport international de Chicago

Autant vous dire tout de suite que même en ayant l’air désespéré, une fille que vous rencontrez dans un bus, même deux fois de suite, ne vous invitera pas à dormir chez elle. Elle vous souhaitera bonne chance et descendra du bus.

Le bus a pris du retard et nous arrivons à 8pm au lieu de 6.30 pm. Il fait donc nuit dehors et que je n’ai qu’une envie : me poser dans un lit, ou un canapé pour me reposer. Et éventuellement manger. Mais mon premier souci est de trouver un toit pour la nuit.
Donc je me lance dans l’option 2,  « le coup de fil a un ami ». Ici, pas de 50/50, c’est OUI ou c’est NON. Par chance, dans les gares aux USA,  il y a des cabines téléphoniques, ce qui n’est pas le cas en Finlande par exemple, où par -23° celcius, j’ai eu de la chance qu’un maître d’hôtel me laisse téléphoner, parce que j’étais une fois de plus à la rue. Mais ça c’est une autre histoire qui sera pour plus tard peut être.

Je décroche le combiné et mets ma carte de crédit française, refusée. Il me reste quelques coins que je m’empresse d’insérer pour composer le numéro des amies de Diego.

« Hi, this is Kevin from France, I m a friend of Diego, I need a couch for tonight ». Grosso modo ce que je leur ai raconté. Manifestement surprise, la jeune femme n’a pas été prévenue par Diego qui était censé les appeler avant mon arrivée… Elle accepte néanmoins de m’accueillir pour la nuit et m’explique comment arriver chez elle. Inutile de préciser que je n’ai qu’une carte de la ville pour me diriger, pas de portable, ni d’ordinateur, sinon ça ne serait pas drôle.
Ni une, ni deux, c’est parti, une heure plus tard j’étais un peu perdu, mais finis par trouver l’appartement situé au 12ème étage d’un immeuble au nord du downtown Chicago. Esther et Katie vivent ensemble, sont mariées ensemble, l’une américaine juive et l’autre originaire du Paraguay qui étudie aux États Unis pour devenir prêtre.

Le lendemain elle me donne un paquet contenant du thé du Paraguay et me demande si je peux l’envoyer depuis la France à une amie à elle en Espagne et m’assure que c’est plus rapide de l’envoyer de France plutôt que depuis les USA. J’accepte le paquet même si c’est un peu louche. Me voici a l’aéroport, donc si vous n’entendez plus parler de moi, c’est que le thé était trop louche pour les autorités du pays. Oupssss je crois que voilà des flics… Je vous laisse…

« Non messieurs je vous le jure, ce paquet c’est du thé venu du Paraguay »