• Share on Google+

Quand les copains sortent un album, c’est toujours un petit événement. Si ce n’est un grand, mais là faut genre être pote avec Michael Jackson. Là en l’occurrence, c’est General Lee à l’honneur, qui s’apprête à défendre leur nouvel album, Roads.

flyer_GL_roubaix

Bon forcément, connaissant ma ponctualité, j’ai raté Tang qui ouvrait le show. On m’a dit que c’était bien. Sûrement, pour ceux qui aiment comme on dit. Passons aussi sur la grande mascarade Year Of No Light. Pas de chant (soit), 2 batteries sur scène (soit) pas spécialement ensemble, un son moisi ancré dans les basses et sans relief, un brouhaha général de basses qui dégueulent entre chaque chanson… Ils ont réussi à me faire préférer discuter dehors dans le froid au lieu de boire des bières au chaud en écoutant leur set. Pour dire. Autant ça doit être sympa sur CD pour le coté ambiant et mélancolique, autant je me suis rarement autant fait chier devant un groupe.

Mais je sais que la suite va relever le niveau. Le temps de saluer la moitié de la salle et de se mettre aux premières loges pour une petite branlée des fagots, comme à chaque fois depuis qu’ils ont joué « Verbal Kint » – je me souviens plus du titre exact, navré.

Après un soundcheck un peu laborieux qui aura eu le don d’énerver Fab (guitariste), le groupe envoie cash When Vultures Descend To Feed, qui ouvre également leur nouvel album. Le son est énorme, de quoi faire entendre un sourd. Le morceau est énorme, à la fois dans la continuité de Hannibal Ad Portas et radicalement différent dans son approche mélodique, surement aidé par les légères touches de clavier qui viennent compléter l’ensemble. Deux toms basse sont disposés de part et d’autre de la batterie, pour qu’Arnaud (chant) puisse apporter un peu de puissance aux passages « tambours du Bronx ». Et bon, c’est tout, ça le fait. Je veux dire, grave.

Torches continue d’envoyer le bois, avec un Clément (batterie) du fire of god qui avec un riff de ce goût là, peut exprimer 100% de sa bûcheronnitude. « Faut que ça sonne« . L’alternance ambiant / complexe est toujours là, prouvée par un long riff sur les toms, limite solo de basse de Perdi, enchainé d’un déchainement de violence dans une mesure où je comprends toujours pas la piste de click. Mais faut pas que je le dise, sinon je pourrais jamais remplacer Clément, pour X/Y raisons (poignet cassé, torticoli, poterie sur gazon…).

La tension baisse un peu avec l’intro de Control qui s’enchaine aussi bien que sur le CD. Évidemment, que de courte durée, mais on sent bien la montée progressive dans la narration et les émotions, sublimée par une outro qui fera pleurer les émos (inRocks, si tu me lis, tu sais quoi faire) – sur le CD. Parce qu’en live, cette même outro se combine avec un solo de batterie progressif, impressionnant de facilité dans la façon dont il joue. Enfin solo, solo, il est pas tout seul et il harangue pas la foule hein, c’est pas Phil Collins.

Colossal Rains viendra remettre une claque à la foule, avec ses riffs éléphantesques et lourds à souhait. La surprise viendra pour moi de Path Of The Unicorn qui aura ravie les fans d’avant Hannibal Ad Portas, et le groupe aussi, vu leur enthousiasme et les coups de têtes dans le vide à foison du chanteur, accroché à son pied de micro.

On revient sur Roads avec The Red Room et une intro lancée par Marty (guitariste), combo triple toms, Fab et Arnaud à l’appui. Pour moi le meilleur morceau du CD et pas parce qu’il y un sample de plage au début. Non parce que tout est là. Les passages ambiants, la mélancolie, le malsain, la pointe de lumière dans tout ce brouillard noir avant une touche de chant clair, la reverb sur la caisse claire, et puis toujours un riff final puissant qui regroupe toutes les émotions à fleur de peau du groupe. Tout est là, et tout est plus décuplé sur scène. Impressionnant.

Drifting, tube du premier album finira de nous achever, toujours aussi violente et malsaine. A l’inverse In Reverse permet de reprendre son souffle, en démontrant le léger virage qu’ont pris les Dukes sur leur nouvel opus : moins de violence gratuite et tout au service de l’émotion. Larsens, claviers, chant clair et peut-être même la seule chanson qui finit sur un coté positif. Le show se finit avec This Sea Breathes Evil (j’avoue, j’ai jeté un oeil à la playlist avant le show, c’est pour ça que je sais que c’est la fin). Déjà sur le CD ça sentait le morceau de fin de set, je me suis pas trompé. A nouveau trimballé entre douceur, mélancolie et déchainement, là chanson nous emmène tout doucement vers l’apothéose.

J’avais un peu peur d’écrire sur eux, déjà parce qu’ils vont se foutre de ma gueule, et puis parce qu’on m’avait bien prévenu qu’il fallait écouter plusieurs fois pour se faire une idée. Le problème c’est que je sais bien que je suis fan, mais je trouve pas beaucoup de mots pour décrire ce qui ressort de cet album, tant il est complet et addictif.

Enfin voilà, que ça soit l’album ou le live, je m’attendais à une claque dans ma gueule, bah ça a pas loupé. Le top 2010 va être à nouveau chamboulé. Et oui, navré, pas de photos, je suis nul et y en a pas une qui rend.