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Direction l’Aéronef mardi, histoire de se prendre une petite branlée.

Le temps de choper une bière que The Ocean arrive sur scène et envoie le bois. Show sympa, mais j’ai moyen accroché, certainement dû au fait que je connaissais pas vraiment les morceaux. Et dans des plans déstructurés et ambiants comme ça, sans connaitre, c’est chaud. Mais ils m’auront donné envie de tendre une oreille plus attentive à leur boulot.

Changement de matos, changement de style, les moitiés de punk moderne de Cancer Bats arrivent et balancent direct We Are The Undead, sans prévenir.
Je les attendais un peu au tournant ceux là, parce que j’aime plutôt pas mal leur dernier album, mais on m’a prévenu que c’était nul en live. Au moins je me suis fait mon opinion.
Le chanteur a une vrai gueule de crevard, longue mèche et a moitié rasé, et scéniquement il en impose quand même, grâce à ses interventions en français. Ça aide d’être canadien.
C’est quand même très punk dans l’idée, le gros guitariste est cool et balance ses solos, mais on sent qu’il manque une autre guitare pour envoyer la purée comme sur le CD. Et puis, avouons que le batteur est sacrément à la masse sur la moitié des titres, même si sa peau de grosse caisse (pas percée, OMG) représente une fille engloutie par un loup. Ils arriveront finalement à réchauffer un peu le public gelé de Lille, avec Dead Wrong, Sleep This Away et surtout la reprise des Beastie Boys. Avec notamment les mecs de Dillinger qui viennent foutre le bordel à poil, normal.

On finit par leur tube Hail Destroyer – jamais compris pourquoi ce morceau précisément est leur tube, mais passons – et ils quittent la scène accompagnés par des « Lèche mes couilles » clamés par la foule. Je vous dis, tout va bien, tout est normal.

Arrive le moment où je me fais alpaguer par un type qui jure m’avoir vu dans un bar de poivrot lillois.

 » – Mais si, on était à deux là au Solfé, pis après on est parti boire des bières au Carré des Halles !
– Euh non, je ne crois pas non. Déjà je vais pas au Solfé, et au Carré non plus en fait.
– Bah écoutes, t’es en train de me dire que j’ai halluciné c’est ça ? C’est pas grave, je t’aime bien
(j’ai dit qu’il était saoul non ?). Tu les a déjà vus toi Dillinger ?
– Ouais, ça va faire 4x ce soir.
– Ah ouais, moi aussi, je les ai vu à Paris avec System, pis une autre fois à Paris aussi, pis au Hellfest. Tu les a vu où toi ?
– T’es sur que tu veux le savoir ?
– Ouais, ouais, on était peut être ensemble.
– Non toujours pas, je les ai vu une fois à Bruxelles sur Miss Machine, une fois à Anvers sur Ire Works, et il y a quatre mois au Warped Tour.
– T’es un bourgeois toi en fait. Mais c’est pas grave, je t’aime bien.

Le chanteur de General Lee, ayant compris mes regards insistants en sa direction, arrive alors pour me sauver, en profitant au passage pour se foutre de la gueule de mon collier de barbe de flemme. Ce qui est génial au final, c’est que son pote (à l’inconnu), lui demandera juste après (à l’inconnu) un truc du genre « C’était le chanteur de General Lee là ah ouais ? » et l’inconnu lui aura répondu le plus simplement du monde « Bah non« . Priceless.

La lumière s’éteint d’un coup et on comprend qu’il est temps d’arrêter les conneries et de passer aux choses sérieuses.

Deux lumières blafardes pendent du plafond pour éclairer comme elles peuvent la scène. Des samples de guitares commencent tout doucement à faire monter la pression avant de pouvoir reconnaitre les accords de l’intro de Farewell, Mona Lisa, et là tu comprends que ça va chier dans pas longtemps. 4 coups de charley, le chanteur bodybuildé jaillit sur scène et BAMMMMSDFKPSERK AR°042KSER¨P£QZR°0124KP R – crise d’épilepsie. Si vous avez déjà vu Dillinger, vous voyez ce que je veux dire. Pour les autres :

Le temps d’enchainer avec la quasi totalité des morceaux qui font de Dillinger un groupe de fou furieux déglingos de la tête. Dans le désordre, Fix Your Face, Good Neighbor, Lurch, Room of Eyes, Chinese Whispers, Black Bubblegum et d’autres. Plein d’autres. L’incontournable Milk Lizard, un peu LE tube de Ire Works, l’étrange Widower, avec le piano sur scène. Bon bien sur, je passe sur les frasques des guitaristes qui vivent leur musique, bien plus que la foule btw, glissades sur les genoux, escalades sur les murs d’amplis, tout ça tout ça, c’est la routine chez eux, ils ont de l’énergie à revendre ces garçons. Un final avec Sunshine The Werewolf. Sunshine The Fucking Werewolf pardon, ultime tentative pour haranguer la foule, ratée.

Malgré ça, la foule en redemande quand même, les américains reviennent avec Mouth Of Ghost, un poil chiant mais reconnaissons que même ça ils le font bien. On repart sur du vrai vrai Dillinger avec Panasonic Youth et BAAMMMDFLSDFPI349NQSDFML¨°1_230*P¨MQD?L, nouvelle crise d’épilepsie enchaînée par 43% Burnt. Et la revanche des Cancer Bats qui viennent breaker comme des robots en slip.

Et puis voilà, terminé bonsoir. On casse tout, les cymbales dans la foule, les baguettes qui volent, un guitariste qui se suspend aux lanternes, un autre qui finit son morceau dans le stand de merch et le bassiste qui tape sur la batterie avec sa basse. Normal, tout va bien.

Et puis voilà. Terminé bonsoir. Tout le monde chez soi et on va digérer la claque qu’on vient de se prendre.